Les traumas, la discrimination et les préjugés raciaux s’appuient sur la complicité du silence. Le silence des Blancs qui se prétendent libéraux soutient ceux qui entretiennent le racisme manifeste – un silence en fait nécessaire à la mainmise du racisme sur la société. Tout comme la minimisation dissociative du trauma racial. Ainsi, en ce qui concerne l’enseignement psychanalytique, nous devons continuer, comme l’activiste John Lewis, à nous attirer de « bons ennuis »
[1] dans une perspective dynamique. Dès le début de tout dialogue psychothérapeutique où les questions de l’identité raciale et de racisme peuvent être abordées, la première résistance à surmonter est donc la réticence à parler ouvertement des questions de préjugés, d’identité raciale et de racisme. Le simple fait de s'engager dans une discussion ouverte sur les préjugés et la discrimination fait obstacle à la capacité de perpétuer le trauma racial, comme le fait de parler d’une forme de trauma, quelle qu’elle soit, menace d’évincer l'espace mental que ce trauma occupe.
La psychanalyse est-elle en train de « mourir de blancheur » ; d’une aversion à embrasser toute la richesse et la complexité de la société, qui repousse la prochaine génération d'analystes au lieu de l'attirer (Metzl, 2019) ? Que nous considérions l’identité raciale, la religion, le genre, les sexualités, la classe ou le handicap, la psychanalyse américaine ne s'est pas montrée à la hauteur de sa mission qui est de refléter la société dans son ensemble à la fois en termes de savoir et de personnes auxquelles nous enseignons et que nous formons.
Les pandémies de racisme et de Covid-19 de l'année dernière ont entraîné une explosion des revendications en matière de justice sociale. Terrassés en nombres rapidement croissants par un virus invisible, les Noirs et les personnes à la peau brune ont été aussi publiquement abattus, tués ou étranglés/lynchés sous le poids de genoux écrasant leur nuque. Un nombre record de personnes noires et à la peau brune continuent de chercher des traitements de santé mentale. Et pourtant, tout comme avec la Covid-19, nous, psychanalystes, ne sommes pas préparés ; nous sommes restés trop longtemps dans nos tours d’ivoire, loin de la communauté, dans la crainte de la diversité, la crainte de nous attaquer de front à la blancheur (Powell, 2018)
[2].
L'esclavage, l’identité raciale et le racisme ont laissé des traces indélébiles dans l'inconscient américain et l’on est constamment à la recherche d’un récit sur lequel appuyer la hiérarchie et la supériorité raciale. Ce qui n'est pas moins vrai dans le cadre de la clinique psychanalytique, bien que ces aspects soient le plus souvent niés et minimisés, quelle que soit la composition raciale ou culturelle du couple thérapeutique. Il apparaît primordial de comprendre comment l’appréhension de la race se façonne dans l'esprit du clinicien et de lui permettre ainsi d’optimiser ses capacités d'enseignement, de supervision, mais aussi cliniques. Les différences raciales se manifestent dès l'enfance, souvent à un moment traumatisant ou déroutant du développement. Prenons l'exemple, qu'un collègue nous a autorisé à partager :
Lors d'une visite à sa grand-mère bien-aimée en Géorgie, un pèlerinage annuel, ma future collègue, alors âgée de 6 ans, a demandé à sa mère pourquoi les « personnes de couleur descendaient du trottoir lorsqu’elles approchaient ». Sa mère l'a d’abord fait taire, embarrassée et, une fois rentrée à la maison, a déclaré d’une voix angoissée : « C'était une chose terrible, terrible, qu’on appelait l'esclavage. » Déconcertée, et sans autre explication ou discussion, ma future collègue, qui est blanche, a dû conceptualiser ce moment effrayant, seule. Au fil des années, d'autres incidents raciaux s’étant produits en silence, elle en est venue à la conclusion que « les Blancs ayant fait cette chose terrible, les Noirs devaient les détester et qu'elle devait donc elle aussi les craindre ».
Un exemple de l'inévitable apparition de stéréotypes raciaux et ethniques intergénérationnels. Ce sont les personnes qui s'occupent de nous qui nous signifient et impriment en nous de qui avoir peur et pourquoi nous avons peur, sans que cela ne repose en général sur une expérience négative dans la relation avec l'autre. Il est donc très humain d’avoir des idées préconçues comme forme primaire d'autoprotection. Même si ce sont en fait des fantômes et des illusions que l’on protège. Sandler décrit comment l'enfant construit un arrière-plan intrapsychique de sécurité, fondé sur les toutes premières interactions avec les personnes qui s'occupent de lui, qui donnent forme à son moi, et sur des représentations d'objet en corrélation avec des expériences affectives qui se définissent avec le temps (Sandler, 1960 ; Sandler & Rosenblatt, 1962). En Amérique, l’appréhension de l’identité raciale se façonne également dans les esprits. On voit de jeunes enfants jouer tout simplement sans que l’on tienne compte de leur identité raciale ou de leur religion, se transformer peu à peu en étrangers qu'il faut craindre et mal comprendre à chaque interaction. Une tonalité sécuritaire déterminée par l’identité raciale dérive donc de ce que cela représente de grandir dans une société raciste. Le racisme et d'autres formes de préjugés et de discrimination présentent toutes les caractéristiques de ce que nous appelons les
défenses mentales : la déformation de l'expérience afin de se protéger contre une menace mentale ou émotionnelle en infléchissant le vécu de façon à ce qu’il corresponde à ce qui peut être toléré.
La poétesse Claudia Rankine propose une autre façon de formuler le dilemme de l’identité raciale : « Le fait d’être noir [
blackness] dans l'imaginaire blanc n'a rien à voir avec les Noirs » (Kellaway, 2015). Il s'agit là d'une fiction intra-psychique. Combler ce fossé expérientiel entre ce que le clinicien blanc imagine et la personne noire réelle qui souhaite engager un traitement devrait être l'objectif de tous les cliniciens et de tous les centres de formation. Ainsi, l'un des vestiges de l'esclavage et du racisme institutionnel se trouve dans les mythes selon lesquels les Noirs ont trop de problèmes dans la vie réelle, ne sont pas capables de faire un travail orienté vers une compréhension approfondie de soi, et donc inaptes à s’engager dans des traitements dynamiques.
Ce qui est enseigné et la façon dont on est supervisé constituent les aspects les plus importants pour le développement des futurs psychothérapeutes et psychanalystes. Nos expériences avec les patients nous façonnent, mais la forme pédagogique de l'apprentissage expérientiel se fonde sur l'étendue de l'orientation biopsychosociale de chacun. Rien de ce qui concerne le patient n'est donc exclu de façon tacite. Une appréhension des identités raciale et ethnique se révèle de ce fait essentielle pour comprendre comment le soi est composé. Ce qui m'intéresse, c’est de remettre en question les notions hégémoniques de « blancheur » lorsque nous tentons en même temps d'expliquer « l'autre », et cela dans le but de nous éloigner de la notion inconsciemment suprématiste selon laquelle il existe un groupe, celui des Blancs, et que tout le reste de la population est non seulement autre, mais aussi, de façon implicite, secondaire ou subordonné. Ces tendances subtiles et inconscientes liées à la blancheur en tant que caractéristiques de notre modèle de travail se révèlent néfastes en particulier, mais pas exclusivement, pour les personnes de couleur en formation. Aussi bien les enseignants que les superviseurs doivent se familiariser avec leurs propres préjugés à l'égard d'un monolithe culturel « blanc », s'informer sur le milieu multiculturel qui constitue la pratique psychothérapeutique moderne et explorer activement, et sans se mettre sur la défensive, leurs états d'esprit racistes et leur racisme intérieur qui entravent ces efforts (Davids, 2011 ; Keval, 2016 ; DiAngelo, 2018 ; Blechner, 2020).
En tant que psychanalystes et psychothérapeutes, nous nous intéressons autant aux jalons culturels et ethniques en tant qu’ils font partie intégrante du développement du soi, qu’à la manière dont ils peuvent se trouver simultanément en conflit et en conversation avec ce contre quoi le patient se bat dans sa thérapie. C’est pourquoi il nous paraît essentiel que les enseignants et les superviseurs abordent la question de l’appréhension de l’identité raciale et ethnique avec leurs analystes en formation. L'ouverture, notamment une curiosité non défensive et respectueuse, favorise un environnement potentiellement assez sûr pour l'apprentissage
[3]. Lors d'une consultation initiale ou pour apprendre à connaître un patient potentiel, il nous semble pertinent de lui poser des questions sur son identité ethnique, ses identifications et la communauté qui l'a façonné. Parler de Blanc, Noir, Asiatique ou Latinx
[4] ne devrait jamais suffire pour décrire un individu.
Il nous paraît nécessaire que les centres de formation réfléchissent à la possibilité de faire appel non seulement à des consultants externes sur l’identité raciale et ethnique afin de mieux préparer les enseignants et les superviseurs, mais aussi à d'autres sources externes, comme des ateliers ou une supervision continue par les pairs, où il s’agit de discuter de cas centrés sur l’identité ethnique et raciale, ou encore à des lectures sur ces questions afin de soutenir un programme multiculturel et préparer à la fois les thérapeutes en formation, les enseignants et les superviseurs à élargir leurs connaissances sur l'importance de la culture et de l'identité ethnique dans la formation des professionnels de la santé mentale.
Il est important de souligner l’obstacle majeur pour la plupart des psychanalystes et psychothérapeutes s’efforçant de travailler avec l’identité raciale dans le cadre d'un traitement, qui est que nous ne cessons d’investir dans une perception de nous-mêmes comme étant «de bonnes personnes ». Nous entreprenons de devenir des experts de la cure par la parole via nos traumas individuels et notre désir d'aider. L’appréhension de l’identité raciale, le racisme, les préjugés et les privilèges rendent cette image complexe en nous renvoyant une blessure narcissique, à laquelle s’ajoute la honte et la culpabilité de ne pas adhérer à cette bonté déclarée. Nous repérons souvent notre contre-transfert lorsque nous nous trouvons au bord d’un passage à l’acte sexuel ou agressif de la part de nos patients. Nous perlaborons pour en connaître l’origine (intrapsychique ou projective, etc.). L’appréhension de l’identité raciale présente toutefois des défis qui lui sont propres (Powell, 2020 ; Shah, 2020). Lorsqu'il s'agit de reconnaître nos états d'esprit racistes, nous avons le réflexe de reculer. Le silence de la société sur ces questions, mais aussi le nôtre, en tant que professionnels, ne fait que favoriser leur toxicité. Les événements de 2020 ont révélé la réalité complexe de l'histoire américaine de différentes façons que l’on ne saurait ignorer ; bien que de nombreuses personnes tentent activement d'inverser cette tendance au sein de certaines des « institutions universitaires libérales les plus éclairées », comme le souligne Michelle Goldberg dans son article publié dans le
New York Times du 26 février 2021: The Campaign to Cancel Wokeness (La campagne pour mettre fin à l’éveil des consciences). Une reconnaissance de l'épidémie de racisme peut conduire à un moyen d'y remédier. Lorsque, en tant que cliniciens, nous nous sentons plus solidaires de ces questions, ou silencieux sur celles-ci, nous faisons alors partie du problème et non de sa résolution. Cela inclut la peur des Blancs face à la colère des Noirs et le fait que, lorsqu'elle se manifeste cliniquement, notre réflexe consiste à adopter une position de soutien au lieu d'aborder ce qui se cache derrière cette colère, à savoir la peur d'un nouveau trauma pour leurs proches ou pour eux-mêmes, ou le manque de reconnaissance d'une humanité partagée. Les Noirs ne demandent pas un traitement spécial, mais exigent sans détour et de plus en plus ouvertement une justice et un traitement à égalité avec les Blancs. Si notre profession demande de la neutralité, il est plus facile de garder notre détachement dans l’analyse lorsqu'on n'est
pas susceptible d'être victime du phénomène. En tant que citoyens de ce pays pour lequel nous nous sommes tous battus et auquel nous contribuons, ne sommes-nous pas tous « victimes » de l'héritage de la haine ? Le travail des pratiques psychothérapeutiques suffisamment bonnes consiste en l'effort empathique pour embrasser les expériences de nos patients, vibrer avec celles-ci et les retenir.
Nous pouvons nous attirer de bons ennuis en devenant des perturbateurs de la blancheur dans nos pratiques, nos positions et notre fonctionnement en tant qu'analystes : restons curieux et posons-nous constamment la question suivante : quelle menace une reconnaissance de notre racisme engendre-t-elle ? D’après mon expérience, le racisme est intimement lié à la façon dont il s’est façonné en nous et se trouve donc lié à nos proches, à la façon dont l’identité raciale, le racisme, les privilèges et les préjugés ont été établis, expliqués, rationalisés, niés ou ignorés par nos propres parents, enseignants, par notre communauté. Au cours de douze générations, l'esclavage a eu un impact sur les Afro-américains et l'Amérique. Comme le note Wilkerson : « ...le pays ne peut former un tout tant qu'il ne s'est pas confronté à ce qui n'était pas un
chapitre de son histoire, mais le fondement même de son ordre économique et social. Pendant deux cent cinquante ans, l'esclavage
a été le pays (2020, p. 43). » Le silence sur l’identité raciale est un secret de polichinelle au sein de la communauté blanche. Par conséquent, la position du « Je ne suis pas raciste » nous piège dans une attitude défensive encore plus grande, au lieu de l'atténuer. Si l'on ajoute à cela la honte, la culpabilité et l'humiliation, nous constatons que les questions d’identités raciales deviennent des abcès mentaux de plus en plus gros, qui vont nécessairement nous compromettre tous lorsque les points de tension échauffent les esprits ou suintent dans l'atmosphère d'un institut analytique sans reconnaissance consciente ni réparation. Une orientation raciste nuit à la fois au raciste – en cela qu’il sacrifie l'expérience de la perception de la réalité au profit d'un fantasme commode sur la façon dont les choses doivent sûrement être – mais aussi à ceux qui sont les sujets du fantasme défensif et destructeur du raciste.
Pour les patients afro-américains, une reconnaissance de l'héritage – et une remise en question permanente – du racisme institutionnel, de l'injustice et de la discrimination dans tous les aspects de la vie constitue une étape empathique essentielle chez le clinicien qui veut remédier aux effets de cette tragédie américaine unique. Ainsi, s’attirer de « bons ennuis » en tant que thérapeute, c’est être suffisamment bon pour reconnaître les traumas potentiels et les résiliences des personnes qui ont été systématiquement victimes de violences et de discriminations en tant que citoyens américains. Lorsque nous pensons à la réparation, c'est à cette reconnaissance des traumas psychiques et physiques non reconnus, que les Blancs ont infligés aux Noirs, à la fois consciemment et inconsciemment, qu’il faut sans cesse restaurer.
C’est en pratiquant l'humilité culturelle face au malaise que nos modes de comportement et pensée racistes suscitent en nous, à la fois avec ouverture et curiosité, que nous pourrons commencer à imaginer et façonner nos instituts de façon à ce qu’ils reflètent l’éclat multiculturel, multiethnique et multiracial constitutif de notre démocratie.
Comme James Baldwin l'a affirmé en 1962 : « On ne peut pas changer tout ce que l'on affronte mais rien ne peut changer tant qu'on ne l'affronte pas. »
[1] L’auteur fait ici référence au film documentaire de Dawn Porter, intitulé
John Lewis : Good Trouble. (NdT.)
[2] Les réactions récentes à l’article de Donald Moss, « On having whiteness » (Avoir la blancheur), l’une des contributions importantes parues dans le
Journal of the American Psychoanalytic Association (Avril 2021), révèlent combien les discussions sur la haine raciale peuvent déranger tant dans la société en général, qu’au sein de nos organisations professionnelles et de notre corps psychanalytique. L'appel au silence qui s'en est suivi, alimenté par l'escalade des peurs, me rappelle le livre de Timothy Snyder,
On Tyranny (De la tyrannie), et les conséquences toxiques incendiaires d’une vie dans la peur et le silence.
[3] Alors que de nombreux psychothérapeutes parlent de l'importance de créer un « espace sûr » en psychothérapie, je crois que toute notion de sécurité psychothérapeutique ne peut être, en fin de compte, qu'une aspiration plutôt qu'un objectif pleinement atteignable. La façon la plus fiable d’augmenter la sécurité au cours d'un processus psychothérapeutique ne consiste pas à déclarer que l'espace thérapeutique est « sûr », mais plutôt en cela que le psychanalyste est prêt à s'intéresser aux façons dont la sécurité peut être absente, compromise, ou au contraire promue, et à les explorer avec le patient.
[4] Néologisme parfois utilisé pour désigner des personnes vivant aux États-Unis, de culture principalement latino-américaine, ou appartenant à une ethnie d’Amérique latine. (NdT.)
Image : Avec l'aimable autorisation de la bibliothèque présidentielle Barack Obama. Photo officielle de la Maison Blanche par Lawrence Jackson.
Références
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Caste: The Origins of Our Discontents. New York: Random House.
Traduit de l'anglais par Anne-Lise Häcker