Trauma et destin des nations

Dr. Robert Lindsay Pyles
 

Le destin des nations et des individus est souvent forgé par des traumatismes dévastateurs. L'expérience de tels événements suscite fréquemment tant chez les unes que chez les autres un sentiment acca

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Trauma et destin des nations

Bob Pyles

Le destin des nations et des individus est souvent forgé par des traumatismes dévastateurs. L'expérience de tels événements suscite fréquemment tant chez les unes que chez les autres un sentiment accablant et durable d'humiliation et d'impuissance. L'expérience de ces événements et les tentatives ultérieures pour y faire face deviennent partie intégrante du caractère national et individuel.

Le 7 décembre 1941, sans déclaration de guerre préalable, les avions japonais ont attaqué Pearl Harbor, et anéanti la flotte américaine du Pacifique. Dans sa déclaration au peuple américain, le président Franklin Roosevelt a dénoncé cette attaque « surprise » comme « un jour qui restera marqué par l'infamie ».

Pour les Japonais, le double objectif de cette action était à la fois de détruire le potentiel militaire des Américains dans le Pacifique, mais surtout de briser la volonté du peuple américain par la force soudaine et dévastatrice de l'assaut. Le résultat atteint fut très éloigné des intentions des Japonais. Nagumo, le commandant de la flotte, après avoir réalisé qu'ils avaient raté leur cible – les porte-avions américains, déclara : « Je crains que tout ce que nous ayons réussi à accomplir est de réveiller un géant qui dort et de le remplir d'une terrible détermination ».

Dans l'histoire de toute nation, on compte relativement peu d'événements décisifs  propres à définir un peuple et un caractère national. Dans le cas des États-Unis, on pourrait citer la révolution de 1776 et l'établissement de la constitution qui s'en est suivi, la guerre civile (1861-1865), qui a causé la perte la plus élevée en terme de vies humaines que toutes les guerres américaines confondues, et Pearl Harbor.   

Et puis il y a eu le l1 septembre 2011.

Les terribles attaques lancées contre le World Trade Center et le Pentagone à Washington, DC. partagent certains points communs, du moins superficiellement, avec l'attaque contre Pearl Harbor. Dans les deux cas, ces attaques d'une extrême violence n'ont été précédées d'aucun avertissement, ont causé une perte massive en vies humaines et sidéré la nation. Mais la comparaison s'arrête là.

L'attaque lancée par les Japonais devait coïncider avec une déclaration de guerre officielle. Le gouvernement japonais se sentait contraint, dans une certaine mesure, d'opérer suivant les règles de la guerre reconnues par les nations civilisées. L'attaque visait strictement le personnel et l'équipement militaires. Son but était professionnellement politique et stratégique. Curieusement, malgré l'intensité du choc provoqué par l'assaut, il ne fut pas ressenti comme une attaque personnelle, ni comme une attaque motivée par la haine.

Les attaques terroristes, en revanche, étaient caractérisées par une sauvagerie purement délibérée et dirigées exclusivement contre une population civile. Ces attaques ressemblent moins à celle Pearl Harbor, qu'à celles qui figurent sur la liste comprenant la Bosnie, l'Holocauste et le Cambodge. Ce sont de crimes d' « épuration ethnique », motivés par la haine raciale, qui poursuivent un but génocidaire ou visent à semer la terreur paralysante parmi une population.

Au lendemain de ces attaques, une fois surmonté le choc initial, des questions où pointait la perplexité ont commencé à circuler parmi les gens. Par exemple, pour ne citer que les plus communes : « pourquoi nous haïssent-ils à ce point ? », « comment est-ce possible que quelqu'un puisse tuer autant de gens innocents ? ». Ce sont des questions vitales auxquelles les leaders politiques, les psychanalystes et autres, doivent s'atteler ensemble pour tenter d'y répondre.

Quelles sont les forces psychologiques nécessaires pour créer un état d'esprit où des individus ou des groupes en viennent à abandonner leur humanité de base pour perpétrer des crimes de masse ? Il est clair que la réponse à cette question réside pour une large part dans la compréhension de la dynamique de groupe. En 1921, dans son travail novateur, « Psychologie des foules et analyse du moi », Sigmund Freud a décrit les facteurs qui sont nécessaires à la cohésion d'un groupe. De son point de vue, cette cohésion repose soit sur une idée organisatrice centrale ou système de croyances, soit sur un leader charismatique, ou encore sur les deux à la fois. Freud , comme beaucoup d'autres, ont souligné que l'appartenance à un groupe, notamment dans les cas où cette appartenance requiert une forme d'allégeance relativement inconditionnelle, dépend de la suspension du jugement critique de la part de ses adhérents. Le sentiment d'identité personnelle de l'individu fusionne avec celui du groupe.

L'appartenance à un groupe qui possède un système de croyances aussi fermement ancré exige de la part du moi qu'il mette de côté sa capacité habituelle d'évaluer ce qui est du ressort de la réalité rationnelle. En termes psychanalytiques, cela renvoie à l'idée d'une régression du moi aux mécanismes les plus primitifs – clivage, projection, déni et déformation. Dans ce type de groupe que Bion aurait défini comme «mentalité du groupe et hypothèses de base », la paranoïa et l'isolationnisme sont au premier plan. La fonction primordiale du groupe est d'établir une distinction entre « moi et non-moi », c'est-à-dire entre ceux qui sont comme moi (mon groupe) et ceux qui ne sont pas comme moi (tous les autres). Le fonctionnement du groupe est marqué par son caractère éminemment narcissique.

Les groupes religieux, ou fondés sur la foi, correspondent à un aspect particulier de la dynamique de groupe. D'ordinaire, ces groupes ne posent guère de problèmes ; en effet, tandis que chaque religion possède son propre système de croyances, le groupe ne perd pas pour autant la relation et le sentiment d'identification qui le lient au reste de l'humanité. Les cinq religions principales – christianisme, judaïsme, bouddhisme, hindouisme et islam, ont toutes des doctrines particulières relatives à la paix et à la tolérance envers les autres religions.

Les groupes fondamentalistes religieux, comme Al-Qaïda, relèvent d'une tout autre problématique. Paradoxalement, leurs systèmes de croyances partagent, à bien des égards et les uns avec les autres, davantage de points communs qu'avec leur religion d'origine. Ils cherchent invariablement à renouer avec un passé glorieux et considèrent le présent comme corrompu et obscène. (Cet effort actuel semble être sous-tendu par le désir de revenir mille ans en arrière à l'âge d'or de l'hégémonie musulmane). Ils ont le sentiment que le groupe culturel ou national dont ils sont issus a été trahi et humilié, et ils cherchent à regagner leur honneur en humiliant les autres. Ils se sentent impuissants, économiquement et politiquement parlant.

Durant la Seconde guerre mondiale, six millions de Juifs et vraisemblablement cinquante millions de personnes supplémentaires ont péri. En Bosnie, on en compte autour de cinquante milles. Cela peut se reproduire encore et encore. C'est clairement le danger actuel. Un sentiment non maîtrisé d'insuffisance personnelle ou groupale, essentiellement sous la forme d'une régression narcissique, conduit directement au massacre rationalisé de l' « autre ».

Ces groupes sont caractérisés par les mécanismes moïques les plus archaïques.  La haine et la méfiance envers les autres, l'intolérance, l'exclusion, l'isolement et une adhésion aveugle à leurs propres systèmes de croyances comme seule et unique  croyance véritable, sont leurs principales caractéristiques. La porte d'accès à une pensée indépendante est fermée. Au niveau de l'individu, on qualifierait ce mode de fonctionnement de psychotique, un trouble narcissique grave de la personnalité, pour lequel il n'existe pas de terme équivalent dans le cadre de la dynamique de groupe. On a affaire ici à un sentiment grandiose de fusion avec Dieu, la certitude que la volonté de Dieu est menée à bien.

Comme on peut en juger à travers toute l'histoire de l'humanité, tuer au nom de la politique est suffisamment terrible, mais tuer au nom de la volonté de Dieu est porteur d'une sauvagerie illimitée.

Ceci nous amène à l'élément le plus essentiel, qui est sous-jacent à tout massacre – le besoin de déshumaniser l'autre. J'ai rencontré ce phénomène pour la première fois lorsque j'étais lieutenant commandant dans la marine américaine durant la guerre du Vietnam. Faisant mon service comme psychiatre, j'avais en partie pour mission de soigner les Marines deux jours après leur retour de la zone de combat.  Un grand nombre de ces jeunes gens, des adolescents pour la plupart ou tout juste âgés de vingt ans, avaient été mêlés à de nombreux combats, où ils avaient souvent vu nombre de leurs amis et camarades mourir ou être mutilés d'une façon horrible. Ils décrivaient une situation cauchemardesque – la jungle, un ennemi invisible, la mort constamment aux aguets. Tout un chacun, un vieux villageois, un enfant de neuf ans, pouvait tenir et tenait une grenade qu'il dissimulait.

Pour faire face à la situation, un grand nombre de ces jeunes soldats en sont venus à considérer tous les Vietnamiens comme des « faces de citron », des « yeux bridés », des « niacoués ». Et, en tant que tels, il était plus facile de les tuer. Ces jeunes n'auraient pas pu tuer un adolescent vietnamien qui aurait été leur semblable ou celui de leur jeune frère. Mais ils pouvaient tuer une « face de citron ». Ou couvrir un village d’un rideau de feu et s'interroger après. Cela n'arrivait pas souvent. Mais cela arrivait. Et parfois ils se sentaient coupables. Et parfois non.

Il ne suffit pas de poser un diagnostic sur l'un des aspects majeurs du problème ; encore faudrait-il proposer une approche de solution. Le système de croyances qui est  prôné par les terroristes, est basé sur un clivage, la distinction entre le self grandiose et le self dévalorisé. Cette distinction ne pourra que fleurir, si tant est que les Musulmans souffrent d'isolement et sont maintenus dans l'ignorance. Si cela est vrai, alors il nous faut viser des objectifs à long terme, dans le sens de l'inclusion, du dialogue et des échanges mutuels. Voilà ce que serait une politique fondée sur des objectifs politiques, psychologiques et sociaux solides. Il est instructif d'observer ce  que nos ennemis auto-proclamés, le leadership fondamentaliste, redoutent le plus, à savoir l'inclusion et l'influence des autres cultures. Ceci signerait la fin de l'isolement de leur peuple et la fin du fondamentalisme. Comme l'a prédit le Prophète, on assisterait à la réunification de  l'islam et de la communauté du monde.

Malheureusement, les solutions à court terme sont bien plus floues. Il y a fort  à parier que la dernière chose que le noyau dur des fondamentalistes serait prêt à accepter est l'ouverture d'un dialogue. Et qui mettrait en doute que les Ben Laden du monde et leurs adeptes nous tueraient tous s'ils en avaient les moyens. Par conséquent, il est inévitable de recourir à une contre-force jusqu'à ce que des gouvernements plus modérés puissent se constituer. Toutefois, l'éducation culturelle mutuelle, l'aide économique et les échanges entre les Musulmans et les peuples des autres religions  doivent demeurer notre arme la plus puissante.


Les cibles du terrorisme

On observe de toutes parts que les gens ont des sentiments mitigés.  Il existe une détermination d'acier qui pousse à faire le nécessaire pour mater le terrorisme et punir les individus et les pays responsables de cette forme moderne de fléau biblique. Mais, on assiste également à un climat d'anxiété généralisée. Les choses les plus ordinaires semblent dangereuses : partir en voyage, ouvrir son courrier, etc. Ceci soulève une question – comment comprendre psychologiquement les racines du terrorisme et ses effets sur la victime ou un groupe de victimes ?

Le terrorisme a pour visée de s'attaquer aux éléments de base du psychisme humain, le sentiment de sécurité. Le terrorisme cherche à créer l'impression que la sécurité n'existe nulle part et qu'il n'existe aucun endroit où se cacher.

Le désastre peut frapper à n'importe quel endroit. Les gens, les lieux ou  tout ce qu'on avait considéré autrefois comme allant de soi, peuvent se métamorphoser à présent  en instruments de destruction. Une lettre est susceptible de tuer. Le locataire au fond du couloir devient un pirate de l'air meurtrier, un avion de ligne, un missile mortel.

La télévision et les médias ont largement contribué à renforcer l'effet des actes terroristes. Qui pourra jamais effacer de sa conscience les images de l'attaque des avions de ligne contre les tours du World Trade Center, ou celles des tours qui s'effondrent l'une après l'autre, comme des jouets d'enfants ? Ou encore, les dépêches des quotidiens sur la dernière alerte à l'anthrax ? Nos propres libertés sont devenues l'arme la plus puissante des terroristes.

Dans le premier cas, la mort de milliers d'individus frappe violemment sans avertissement. Les images repassent en boucle un millier de fois. Dans le second, la mort se fait silencieuse et insidieuse, elle avance voilée, en tout lieu et à tout moment. Vais-je oser voyager en avion ? Ne vaut-il pas mieux prendre le train ? Mais il n'y a pas de contrôle de sécurité dans les gares ! Cette poudre blanche est-elle vraiment du talc pour bébés ou bien de l'anthrax ? Comment savoir s'ils n'ont pas accès à des engins nucléaires ou au virus de la variole ? De même qu'une crise de panique, la peur d'une attaque terroriste potentielle devient une arme bien plus puissante que les quelques attaques réelles. Une fois qu'un tel état d'esprit s'installe durablement parmi la population, l'œuvre des terroristes est achevée. Il suffit ensuite de quelques incidents imprévisibles ici ou là pour entretenir la menace.

Cela fait longtemps que Hollywood semble avoir compris intuitivement la nature de la peur, ce que Freud a lui-même décrit dans son article de 1919, « L'inquiétante étrangeté ». Freud a utilisé le mot « heimlich » qui en allemand signifie « familier » ou « qui fait partie de la maison », l'essence même de la sécurité et de la chaleur du foyer. Mais, une légère altération du mot « heimlich » en « unheimlich » en modifie le sens et lui confère la signification opposée de quelque chose qui est étrange ou effrayant. Freud note à ce propos : « l'inquiétante étrangeté est cette variété particulière de l'effrayant qui remonte au depuis longtemps connu, depuis longtemps familier ». Freud poursuit en faisant observer que ce qui nous est le plus effrayant, ce qui nous inspire vraiment un sentiment de terreur, n'est justement pas ce qui nous est totalement étranger ou différent, mais, au contraire, ce qui nous semble familier, quoique étrangement altéré.

Des films, comme, « L'invasion des profanateurs de sépultures », où des amis proches  et des parents se révèlent des envahisseurs venus de l'espace et assoiffés de sang, utilise cette peur primitive ; ou comme, « Psychose », où il s'avère que le héros, un jeune et doux adolescent, est en fait un tueur schizophrène, et où une douche relaxante va se métamorphoser en un piège mortel. Ou encore, pour citer un film plus ancien, « Dracula », dont le héros éponyme est un monstre à forme humaine, qui boit le sang de tous ceux qui croisent son chemin.

La force du terrorisme réside dans son pouvoir de saper notre croyance en notre capacité de mesurer notre sécurité ou insécurité. Les terroristes visent à nous convaincre que nous ne pouvons plus nous fier à ce que nous tenions pour vrai.  Tout est fait pour ébranler notre croyance en le principe de réalité selon lequel nous menons nos vies.

Les terroristes, de manière générale, mais ceux-ci en particulier, proclament haut et clair que même s'ils semblent être des humains et ressemblent à des humains, ils ne sont liés par aucune convention humaine. Aucune loi, aucune règle ne saurait échapper à leur désir de transgression. L'instinct de base le plus fondamental  chez l'être humain, l'auto-conservation, n'a pour eux aucun sens. Ben Laden faisait observer que tandis que Bush recherchait la vie, lui recherchait la mort. Quoi de plus explicite qu'un tel déni fondamental de tout ce qui nous est cher ?

Le désir humain universel de protéger les êtres innocents et démunis, comme les femmes et les enfants, n'a pas cours. Il n'existe aucun acte, même parmi les  plus impitoyables, qu'ils ne soient prêts à commettre. Le meurtre aléatoire est la norme, la destruction de masse, le but.

Cette stratégie est délibérée, même si elle n'est pas forcément consciente ; l'objectif est de paralyser l'ennemi par le biais d'une terreur si profonde et primitive que toute résistance se révélera impossible.

Alors que peut-on faire pour combattre un ennemi si subversif et différent ? Une partie du problème a trait à notre propre déni. Nous ne voulons pas accepter le fait que certaines personnes puissent se comporter avec une haine aussi gratuite. Nous inventons des euphémismes pour recouvrir ce que nous refusons de voir.  De telles attaques sont qualifiées de « violence au travail » ou de « catastrophes causées par l'homme ».

Mais nous devons faire face à cette réalité, en dépit de toutes les difficultés. Nous devons reconnaître que cet adversaire est un ennemi fasciste – même s'il se distingue par  son apparence – plutôt que religieux, aussi vieux que l'humanité elle-même. En règle générale, à ses débuts, un mouvement fasciste compte relativement peu d'adeptes fanatiquement dévoués. Un tel mouvement est un danger non seulement pour les États-Unis et Israël, mais également pour le monde civilisé en son entier, car ce sont les principes mêmes de la civilisation qui sont attaqués.  La nécessité de créer un réseau antiterroriste global, doté de capacités militaires et de renseignements, est indispensable.

Que pouvons-nous faire pour protéger notre propre bien-être psychologique ?  De même que notre sens de la réalité peut être utilisé contre nous, de même il peut se révéler notre principal allié. Le sens de la réalité est précisément la cible du terrorisme. Les terroristes sont en faible quantité. Ils sont humains et vulnérables.  Notre supériorité en nombre et en ressources est considérable et ils le savent. Des mesures de sécurité et de protection de la santé sont, et ont été, mises en œuvre  rapidement.  Nous avons reçu un coup de semonce et nous réagissons.

Notre caractère personnel et global est mis à l'épreuve. Nos enfants se tournent vers nous en quête de guidance et d'orientation. Nous ferions bien de nous rappeler les paroles prononcées par le président Roosevelt, après Pearl Harbor, au moment où il a rallié notre nation et le monde à la cause : « la seule chose qui  doive nous faire peur, c'est la peur elle-même ».


Quelle ironie du sort, si on s'imaginait que l'ultime conséquence du 11 septembre puisse se traduire par une meilleure compréhension entre l'islam et le reste du monde.      La concrétisation de cette compréhension et ouverture mutuelles signerait la mort du terrorisme et de la haine et aboutirait à faire triompher l'esprit d'humanité parmi les peuples et les nations.                                             

 
                        
 
 

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